Acte 1 du dernier conseil : la ferme Delattre

Comme c’est désormais la tradition, c’est à couteaux tirés qu’a débuté ce conseil. Le temps m’ayant manqué pour en relater le début, voici donc un petit compte-rendu…

Qui commence, comme d’habitude, par la contestation du PV par Paul Dutoit  » Le PV ne correspond pas à la discussion au sein du conseil « ,  » la presse retranscrit ce que le maire lui dit » – gageons que l’envoyée de La Voix a apprécié,  » le secrétaire de séance ne fait pas bien son travail « . C’était moi, et du coup, ce fut au tour de Bernard Poullier d’endosser cette fonction. Pour S. Plahiers, ses déclarations ne sont pas reprises dans le PV qui de fait ne reflète pas la réalité… Rappelons que l’on ne retient dans le PV que ce qui éclaire les délibérations et que ce n’est ni une tribune ni un théâtre… De même, la même opposante conteste la demande de protection fonctionnelle… Bref, vote contre des trois oppositions. Et ce n’était rien par rapport à ce qui allait suivre… On commence donc par la vente de la ferme Delattre – juste à gauche de la mairie quand on est face à elle. Il m’incombait la tâche d’en dresser un historique… Que voilà… Et comme nous sommes accusé de dilapider le patrimoine municipal, une mise au point chronologique s’imposait… Même si des documents ont disparu (?!), compulser les archives a permis de retracer l’histoire de ce bâtiment.

1997 Conseil municipal du 10 février : la municipalité examine cette propriété qui est  » une opportunité capitale  » qui pourrait  » résoudre le problème du 2nd restaurant scolaire qui pourrait y être implanté « . Il demande à la CUDL de préempter. Prix estimé : 1 520 000F ( un peu + 300 000€ d’aujourd’hui). Le 13 mai, la commune en devient propriétaire.

1998 G. Lanquetin, maire de l’époque, évoque en janvier lors de ses voeux à la population une 3ème salle de sports. Mais il demande une étude à la Direction Départementale de l’ Equipement ( DDE ) en vue  » du transfert des services municipaux dans la ferme Delattre  » avec des surfaces précises pour chaque bureau

2002 L’étude de faisabilité de la DDE aboutit et est communiquée à la majorité de l’époque. Que préconise-t-elle ?

  • L’aile ouest ( futur RAM ) est difficilement exploitable sans rénovation lourde
  • L’ aile est ( en face ) : sa démolition incontournable
  • le chartil : à conserver et à rénover pour sa qualité architecturale – ce que la majorité fait aujourd’hui -.
  • Le bâtiment à côté du porche est à démolir et à reconstruire

  • Le but est simple : y restructurer les équipements publics du centre de la commune et le lier à la mairie actuelle.
  • Il est aussi question d’y créer une salle culturelle en face du futur RAM actuel -> deux esquisses sont proposées, les  grandes orientations fixées.

2003 Le 19 septembre, le maitre d’oeuvre – le cabinet d’architecte – rend sa copie. Et là, surprise : plus rien n’est démoli – contrairement aux préconisations de la DDE -, tout est réhabilité. Il n’est plus question de salle culturelle mais de bureaux, l’ aile face à la place est ouverte : elle devient une halle fermée par 4 portails métalliques. Et en novembre, il dévient urgent de mettre hors d’eau le futur RAM : des fuites importantes se sont fait jour.

2004 Le conseil délibère à ce sujet en janvier, les travaux de charpente et de couverture sont livrés en juin (  37 200€ + 6 500€ d’honoraires d’archis ).

2005 Plusieurs devis sont fournis pour des travaux ( mise hors d’eau du bâtiment en face du RAM – disparu aujourd’hui- 58 500€, reconstruction de celui côté place de la mairie : 115 000€ ) et même pour une réhabilitation complète – futur RAM inclus mais sans toucher au corps principal – 380 000€

2006 Tout s’accélère… avant de stopper net. En janvier, des plans sont établis ainsi que des devis. Les évaluations de 2005 sont largement sous-estimées : trois devis pour le gros oeuvre uniquement oscillent entre 315 000€ et 467 000€ ( auquel il faut rajouter le 2nd oeuvre et les honoraires d’archis). En avril, la commission d’appels d’offres rejette  logiquement le marché, déclaré donc infructueux. Un devis pour une réhabilitation complète est découvert : 635 000€ hors taxes ( 762 000 € TTC!). Et là, the end : les bâtiments s’effondrant, un arrêt de mise en péril est pris : il faut les démolir… Ce qui était prévu dans l’étude de la DDE 4 ans auparavant. Destruction réalisée en novembre pour 16 000€, clap de fin : toutes les consultations s’arrêtent, tous les projets sont abandonnés. Juste un tract de la majorité distribué dans la commune…

Cette histoire pose plusieurs interrogations :

  • Pourquoi ne pas avoir communiqué sur le projet de départ à savoir le transfert d’une partie des services municipaux?
  • Pourquoi avoir continué d’ évoquer le projet d’une salle municipale alors que  parallèlement une réserve foncière au Plan Local d’Urbanisme était déposée en 2004 en face du parking place du Général de Gaulle?
  • Pourquoi s’être entêté à conserver les deux ailes délabrées alors que la 1ère étude préconisait leur démolition?
  • Pourquoi tout s’arrête en 2006? Même si la démolition a été précipitée, pourquoi ne pas avoir poursuivi la réflexion? Seule une ébauche vague a été retrouvée de 2012 avec le projet de la salle Jean Descamps inclus.
  • Quel était vraiment le projet des majorités successives lors des élections de 2001? De 2008? De 2014? Un leitmotiv dans la propagande électorale : poursuivre l’aménagement de la ferme Delattre. Soit. Mais lequel?

Plusieurs conclusions

  • Au final, on a l’ impression d’une gestion hésitante du dossier : tour à tour cantine, salle des sports, extension de la mairie, salle culturelle, polyvalente…
  • Les majorités précédentes ont-elles eu peur du coût des projets? ( + 760 000€ en tout auquel il faut ajouter les prix d’achat et des rénovations… )
  • Etait-ce finalement un héritage dont on ne savait que faire?
  • Bilan sur 20 ans : ce bâtiment a coûté + 400 000€ ( sans les travaux effectués par les agents municipaux : l’intérieur du bâtiment principal, la réfection de la façade du corps de ferme, sans le chauffage… ). Pour finalement aucune autre utilisation qu’ un lieu de travail pour 3-4 agents… Qui a parlé de gabegie???

Très prochainement, la suite : le futur projet de la majorité… Qui entraina le départ des oppositions du conseil…

Eric ROLAND